L’heure des choix

Le 5 novembre 2018 a été une déflagration pour moi, comme dans toute la ville. Nous avons été quelques-uns à initier le Collectif du 5 novembre avec des militants venus de tout horizon. J’ai bataillé à leurs côtés pendant près d’un an, convaincue que nous pouvions désormais changer notre Ville. Convaincue que nous étions à une période de charnière, que l’ère Gaudin était devenue insupportable à un très grand nombre de personnes désormais déterminées.

J’ai, à ce moment-là, pris l’engagement ferme de tout mettre en œuvre pour battre les héritiers de Gaudin en mars 2020.

L’organisation des Etats généraux a été un axe essentiel dans cet objectif. 60 collectifs et associations ont élaboré une méthodologie qui devrait structurer durablement la vie démocratique de notre ville. Marseille a besoin de collectifs et associations qui jouent un rôle central. Marseille a également besoin que les élus soient des citoyens comme les autres, engagés dans les combats de leur Ville, travaillant à faire émerger des propositions des collectifs et en les associant aux prises de décisions, tout en respectant les engagements pris devant les Marseillais au moment de l’élection.

Que se passe-t-il depuis septembre dans les arcanes de la fabrication de listes pour les élections de mars ? Malgré sa situation hautement singulière et dramatique, Marseille ne peut pas se dégager d’un contexte politique national déplorable.

Nous pouvons le regretter.

Et nous pouvons regarder là, où l’espoir arrive.

Alors que nous nous battons depuis plus d’un mois contre la nouvelle réforme des retraites du gouvernement Macron, l’ensemble des organisations politiques de gauche se réunissent derrière une pétition. En attaquant violemment les droits des Français, le gouvernement Macron réussit le tour de force de permettre à tout un pan de la société française de se retrouver derrière une vision commune.

A Marseille, le travail est en cours pour en donner un prolongement politique avec le Printemps marseillais.

Je me suis engagée aux côtés de 50 autres personnes dans un texte « l’union, il est temps » dans un texte soutenu par plus de 1000 personnes. Et je continue à porter cet enjeu. Force est de constater, que le rassemblement aujourd’hui est du côté du Printemps. A ceux qui trouvent cela imparfait, flou, peu lisible, je ne peux leur répondre que je n’ai qu’un seul objectif : mettre toutes mes forces dans la bataille pour que Vassal et Ravier ne soient pas élus en mars 2020. Il est impératif aujourd’hui de changer l’équipe qui dirige Marseille sans la gouverner en renforçant une dynamique rassembleuse et qui se veut majoritaire.

Le bilan nous le connaissons tous. Si Vassal prend la suite, sa politique nous la connaissons.

A la dernière élection municipale en 2014, je me suis engagée sous la bannière du Front de Gauche. Depuis, mon engagement politique avait pris du plomb dans l’aile, malmené par une transition du parti de Gauche vers la France insoumise. J’ai bien tenté de rester dans une forme collective mais la forme gazeuse du mouvement et le populisme théorisé ont fait de moi une « compagnon de route » et non une insoumise. Terme par ailleurs que je ne pouvais utiliser, trop éloigné d’une certaine vision de mon engagement politique. J’ai donc été disponible, quand l’on avait besoin de moi, comme des milliers de Marseillais qui ont cru en 2017 à la candidature de Jean-Luc Mélenchon et qui en ont fait le 1er candidat des Marseillais. Nous avons ensuite cru qu’un député de la France insoumise pourrait aider Marseille.

En janvier 2020, à l’heure des choix, je ne peux qu’être disponible pour une liste d’une gauche rassemblée qui veut porter une alternative à la tête de la Ville. Mon combat est celui du logement digne, du droit à la ville, du service public pour tous, de l’école publique, de la lutte contre la précarité.

Il nous faut désormais permettre l’aventure, la possibilité de nouvelles équipes, de nouveaux espoirs. Le pari à prendre n’est pas risqué ! Rien ne peut être pire que ce que nous connaissons.

Marie Batoux